éloge du cougourdon

Eloge du coucourdon.
C’est bien plus qu’un fruit, ou qu’un légume.
Le coucourdon c’est un symbole.
Il est à la portée de la main du paysan, poussant sur le fumier ou le compost.
Il est une allégorie de la générosité, il te donne sa coque et ses graines (très bon pour la santé, les graines…)
Sa coque, tu en fais ce que tu veux.
Elle reprendra sa place de toujours quand on en aura marre du plastique, et chacun prendra soin de préserver les graines de ses futurs ustensiles ménagers, de ses futurs instruments, de ses futures boites garde-manger, et j’en passe.
Ses graines, c’est pas demain qu’on en fera des OGM, c’est pas demain qu’on les interdira. Elles passent de main en main à travers les siècles et de potager en potager, avec toujours un amoureux de la terre pour s’en occuper.
L’imaginaire urbain trouve la cougourde grotesque, certes. Elle est associée à la vie des simples, elle sert à tout, de gourde, de blague à tabac, de contenant pour garder les graines du futur potager au sec pendant l’hiver.
Elle est moins « chic » que du verre, que de l’aluminium. Elle est plus « roots » que le plastique. Elle a perdu son aura bénéfique.
La cougourde passe pour être symbole de la bêtise, parce quelle est grosse et presque vide, comme la tête de l’idiot. Mais en fait….
Son vide est une de ses premières qualités. C’est parce qu’il est vide qu’on peut le remplir. C’est aussi une des qualités du bambou, qui est depuis des siècles très respecté par nos frères d’extrême-orient.
Il s’offre, véritable cadeau de la Terre, nu, innocent, à nos mains et à nos usages. Il nous demande juste de sauver quelques-unes de ses innombrables graines.
Ce que nous ferons, pour sûr, sachant que ces graines préserveront nos pères du cancer le la prostate, nos mères des bouffées de chaleur, que leur concentration en nutriments peuvent guérir nos troubles intestinaux et nourrir nos enfants.
Le coucourdon est une plante de la décroissance radieuse.
Ainsi, nous ferons pousser sur nos tonnelles une plante aimable de juin à septembre, plante qui les jours de grosse chaleur va atomiser de la vapeur d’eau pour se rafraîchir, et sous son ombrage bénéfique nous siroterons tranquillement une anisette, délivrés du ronron de la clim…
En Octobre, quand le soleil se fera plus doux, la plante fanera, laissant place aux délicieux rayons illuminant l’intérieur de nos maisons.
Et son nom, ami, son nom!!!!
Comment le nommes-tu? Coucourdon, cougourdon, cougourde, coucourde, cogorda, cogorla, gourde, tuque, calebasse ou pompeusement coloquinte? D’où viens-tu? Quels autres alliés de l’homme ont ainsi échappé à la standardisation lexicale issue de la capitale?
Dis-moi comment du le nommes, je te dirai d’où tu es.
Quand le peuple prendra conscience que ce symbole universel de l’indépendance pourrait rallier les nations sous une même bannière, celle de l’humilité, alors il sera trop tard pour interdire le cougourdon. Les services secrets n’y pourront rien, les consciences seront déjà éveillées.
Le cougourdon est un titre d’honneur que l’on distribuera aux grandes âmes qui oeuvrent silencieusement pour la libération de l’humanité.

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